La Menace de l'Effacement Silencieux des Mémoires Mortes (EPROM)
Les circuits imprimés des jeux d'arcade historiques renferment leur code exécutable, leurs tables de données sonores et leurs motifs graphiques dans des mémoires mortes programmables et effaçables aux ultraviolets (EPROM) reconnaissables à leur boîtier céramique surmonté d'une fenêtre circulaire en quartz transparent. Lors de leur fabrication dans les années 1980 et 1990, les constructeurs garantissaient une rétention des données de dix à vingt ans. Aujourd'hui, ces composants ont largement dépassé le double ou le triple de leur durée de vie théorique.
Le phénomène physique du « bit rot » (perte spontanée de charge des électrons piégés dans les grilles flottantes isolées par une couche nanométrique de dioxyde de silicium) menace directement l'intégrité de ces œuvres. Un seul bit basculant de l'état logique 0 à 1 dans une EPROM de programme suffit à faire planter le microprocesseur au démarrage ou à corrompre irrémédiablement le comportement du jeu.
Pour conjurer cette amnésie technologique, le pôle d'archivage de RHYTHM FREAKS a mis en place un protocole d'extraction systématique bit-à-bit pour chaque carte mère entrant dans nos réserves de Montpellier, avant toute remise sous tension électrique prolongée.